Fais de moi la colère

Bonjour,

J’ai lu grâce à NetGalley et aux éditions Les Escales « Fais de moi la colère » de Vincent Villeminot.
Ce roman me tentait depuis sa sortie. Rien que pour son titre que je trouve magnifique. Et sa couverture aussi, sobre, belle, efficace.
Le trouver sur NetGalley était du coup une superbe opportunité.
J’ai mis longtemps à me lancer. Peut-être que j’avais peur de ne pas l’aimer, d’en attendre trop. Je ne sais pas. Mais ça y est, c’est fait.
Je l’ai fini en montant au salon du livre à Paris. Pendant que ma voisine tentait de regarder ce que je faisais… que je déteste ces gens-là…

Quatrième de couverture

Le jour où son père, pêcheur de longue date, se noie, Ismaëlle se retrouve seule. Seule, vertigineusement, avec pour legs un métier d’homme et une chair de jeune fille.
Mais très vite, sur le lac franco-suisse, d’autres corps se mettent à flotter. Des morts nus, anonymes, par dizaines, par centaines, venus d’on ne sait où — remontés des profondeurs de la fosse.
C’est en ces circonstances qu’Ismaëlle croisera Ezéchiel, fils d’un « Ogre » africain, qui a traversé les guerres du continent noir et vient sur ces rives affronter une Bête mystérieuse.
Fais de moi la colère est le récit halluciné, à deux voix, de leur rencontre, et de la partie de pêche qu’ils vont mener — échos lointains de Moby Dick. Une partie de pêche où le désir, la convoitise, le blanchiment, les génocides, sont autant de Léviathans. Mais où la joie, comme les larmes, pourra gonfler les ventres.

Mon avis

Que dire de ce livre?
Que dire de ces jeunes gens, des adolescents encore mais qui en ont déjà tellement vu?
Il y a Ismaëlle qui vient de perdre son père. Ismaëlle qui se retrouve orpheline du jour au lendemain parce que sa mère est morte en la mettant au monde. Ismaëlle qui grandit, du jour au lendemain. Qui reprend le métier de son père jusqu’au jour où des corps viennent flotter sur le lac Léman.
Il y en a tant que des gens sont payés pour aller les repêcher.
C’est là qu’arrive Ezéchiel. En même temps que les corps. Ezéchiel, fils d’un dictateur africain qui, du haut de ses 19 ans, a déjà vu plus de sang que nous n’en verrons jamais.

Fais de moi la colère est l’histoire de leur rencontre. Mais avant elle, c’est l’éveil à la vie d’Ismaëlle. Ismaëlle devenue femme. Qui découvre son corps, le désir, le sexe.
Ismaëlle qui tombe amoureuse de ce Nègre comme les gens l’appellent ici. Il parle. Elle l’écoute. Il lui parle du monstre tapi au milieu du lac, là où il est le plus profond. Il lui parle et lui explique comme il voit les hommes.
Leur cupidité, leur avidité. Leur besoin de posséder. De prendre. Sans rien donner. Il pense que cela n’existe pas. Il se trompe. Ismaëlle lui apprend. Et leur amour est beau. Leurs mots sont beaux.
À côté de leur rencontre, il y a la pêche qu’ils vont faire, tuer la bête qui fait remonter les corps, la vie des habitants des rives du lac…

J’ai beaucoup aimé Ismaëlle et Ezéchiel. Leur relation. C’était fort et beau. La vie des gens alentour m’a moins attirée. Les morts, la bête sont importants pour l’histoire, pour ce qui se passe entre nos deux « héros » mais ne m’ont pas passionnée.
En tout cas, j’ai aimé la plume de Vincent Villeminot. Ses phrases courtes, ses mots percutants. Ce « tu » omniprésent. Fort. C’est cela que j’ai le plus aimé avec Ismaëlle et Ezéchiel.

Ce fut une très bonne lecture même si ce n’est pas un coup de cœur. Je pense que j’en attendais beaucoup plus ou beaucoup trop.

Citations

« Comme si, pour vivre, j’avais dû lui emprunter son âme et son souffle, à ma mère, et même voler le cri, déchirant, que nous poussâmes ensemble. Presque ensemble. »
« Cette dimension physique de l’absence – silence des parquets, pièces désertées, bras de fauteuils vides – qui est l’absence même. »
« Les amours d’été sont comme nos mensonges. (on sait qu’ils ne durent pas, mais on se trompe tout de même. Soi-même.) »
« Je n’avais pas pleuré mon père. Pas une fois. J’ignorais qu’il suffisait de parler, en fait, tant dans mon ventre, j’étais pleine de larmes. »
« Deux heures ont passé, silencieuses, chacun dans son silence; ruminant mon dépit, ma colère, son exil – et ce mur entre nous. Séparés. »
« Je suis blanche comme la lune, comme les nuits qui jubilent. N’aie plus peur de la nuit, Ezéchiel. Je viens. Tes bras, tes muscles d’homme, tes épaules, l’odeur sur ta peau qui tremble, peut-être d’autre chose, maintenant – d’impatience, de stupeur, de merveilles? »
« Ne bouge pas, encore. Je bougerai pour deux. Tu ne me prends pas, je te happe, t’avale – je t’accueille. Et je m’offre. Tu ne me fais pas peur, sur toi, je n’ai pas peur. J’ai peur, oui, mon coeur bat dans ma poitrine offerte; c’est ma première fois, à aimer tellement. Mais pas peur de toi. »
« Rien, jamais, ne me fera oublier ta peau contre la mienne, ton rire dans le mien. »

A bientôt pour un nouvel article!
Bises.
Lisa

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