Mes lectures, Service Presse

La première fois que j’ai été deux

Bonjour à tous !

Cette chronique est tout à fait particulière pour moi car il s’agit de mon tout premier service presse.
Il y a quelques temps, Bertrand Jullien-Nogarède, l’auteur, m’a gentiment proposé de lire son roman. Je ne vous dis pas à quel point cela m’a touchée. Je suis restée cependant très digne dans ma réponse et pourtant, j’avais un sourire jusqu’aux oreilles. Ça peut vous paraître ridicule mais je suis comme ça… Bref, tout ça pour dire que j’attendais avec impatience de le recevoir.
Je remercie donc grandement l’auteur ainsi que Flammarion Jeunesse pour cet envoi.

Quand il est enfin arrivé dans ma boîte aux lettres, c’était presque Noël. J’étais une vraie gamine qui allait pouvoir ouvrir enfin son paquet. Ma première impression est que je l’ai trouvé très beau. Après, j’ai eu envie de le lire tout de suite mais je tenais vraiment à finir Six of crows avant. Pour ne pas tout mélanger et être toute à ma lecture.
Trêve de bavardages qui ne doivent pas vous intéresser au-delà… Rentrons dans le vif du sujet…

La-premiere-fois-que-j-ai-ete-deux

Quatrième de couverture

Le scooter de Tom nous emporta loin du monde. Mes bras entouraient sa taille et je laissait ma tête reposer doucement sur son épaule. Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu’à cet instant. Juste une fille comme les autres. Il avait suffi qu’un anglais à cravate surgissent de nulle part pour que mes pieds ne touchent plus le macadam. J’étais vraiment folle amoureuse.

Mon avis

Je vais encore parler de moi mais je ne pourrais pas donner mon avis honnêtement si je ne le fais pas.
Il faut savoir que j’adore Londres. J’aime les Anglais, leur humour, les pubs, la nourriture (excepté la jelly), leurs fringues, les Doc Martens, leur musique et j’en passe. Quand je suis en Angleterre, je suis bien.
Alors, mettez-vous en présence d’un authentique anglais et forcément, me voilà foutue. Comme Karen.
Notre petite banlieusarde qui n’attend rien de la vie. Comment le pourrait-elle ? Les contes de fées ne sont pas pour les filles de sa ville.
Heureusement, elle a ses amis. Mélanie d’abord, la meilleure de toutes. Complètement exubérante, qui parle comme un charretier mais qui est une fille en or. Et Jonathan, un brin autiste Asperger (je peux me tromper hein mais ses centres d’intérêts m’ont fait beaucoup penser à des intérêts restreints, jargon médical évidemment…) et dont l’amitié est indéfectible.
Sans eux, sa vie serait bien triste avec sa mère dépressive, l’absence d’un père et tous ces adultes qui ne comprennent rien à rien.

J’ai trouvé l’écriture tellement juste et lucide sur les parents de la génération de Karen (presque la mienne à quelques années près).
Sur le lycée aussi. Les profs. Ses camarades. Les garçons surtout. Qu’est-ce que j’ai pu rire! Sérieusement, j’aurais relevé des passages entiers rien que sur cette espèce-là… Allez, cadeau…
« Ce ne sont pas des obsédés de la savonnette les garçons du lycée, et moi, j’avoue que j’aimerais bien tomber sur quelqu’un qui se lave derrière les oreilles… »
Avouez que c’est drôle !

Et puis un beau jour, enfin un matin, un ovni, euh un charmant petit Anglais bien taciturne débarque dans sa classe de terminale. Tom. Il lui fait tout de suite de l’effet. Enfin, il l’intrigue. Faut dire que contrairement aux autres, il est bien habillé. Un peu trop même avec son blaser et sa cravate. Son scooter ne ressemble à aucun autre.
Il est différent. Il n’est pas que beau. Il est également intéressant, prévenant et plein d’humour. Pour en rajouter une couche, il est musicien. Il est complètement rétro et ce petit retour dans le passé ne fait que craquer notre jeune Karen.

mods

Il l’emmène sur son scooter en pèlerinage au fond de nulle part et Karen tombe amoureuse. Tout pourrait bien se passer. Tout.
Sauf que son petit Anglais rentre au pays.
Plus rien n’est facile. Il y a le manque, l’attente. Et les fois où ils se voient.

À Londres. Je vous ai dit plus haut que j’aimais cette ville. Je l’ai aimée encore plus si c’est possible. Elle m’a manquée. Et je veux y retourner grâce à ce livre. Pour voir le Londres de Tom et revoir le mien. Celui de Kesington et de Hampstead et celui de Soho et Camden. Celui des mods et des punks, des anglais propres sur eux cachant des tatouages hallucinants. Celui des uniformes à l’école. Celui de la musique.

Si j’avais 17 ans, je serais moi aussi tombée amoureuse de Tom. Parce que je suis Karen. Enfin, je l’ai été… Quoique en relisant la page, je le suis toujours. Cette fille peu sûre d’elle, qui n’a pas beaucoup d’amis, qui ne sait pas quoi dire quand elle est en groupe, sa mélancolie, c’est moi. Sérieusement Mr l’auteur, on se connaît ?

Que dire de l’écriture de l’auteur, belle, fluide, pleine de références à la littérature classique et d’images qui m’ont touchées. Surtout la comparaison du lecteur avec l’alpiniste. La montagne, c’est mon monde… Je ne pouvais qu’être sous le charme.
« Les livres appartenaient à mon environnement comme le nom des sommets ou des aiguilles pour l’alpinisme. Refuges lorsque je les lisais, ils devenaient autant de courses possibles dès lors que je ne les avais pas lus. Je pratiquais les livres à la manière du randonneur qui étudie longuement sa carte avant de se lancer. »

J’ai aimé aussi aimé les références à l’Histoire, à la deuxième guerre mondiale, à la société de consommation qui gomme tout. Si c’est là votre vision du monde, cher auteur, sachez que nous avons un peu la même. Certains de vos mots m’ont fait pensé aux miens.
« La vie que nous propose la société de consommation est un leurre, une illusion. Nos vies sont piégées dans le toujours plus. Les sentiments n’ont pas tardé à se retrouver sur le marché, comme le reste. On ne vit plus l’amour, on le consomme. »
« Désormais, tout est marchandise. Tout s’achète et tout se vend. Nous n’existons plus que par ce que nous possédons. »
J’ai aimé les histoires parallèles, ces détails qui les mêlent.

Les pensées un peu redondantes de Karen m’ont énervée un peu parfois mais je ne spoilerai pas. L’important n’est pas là. Je peux comprendre cependant que ça ne passe pas pour certains.

Que dire de la fin mis à part que je l’ai comprise parce que je pense comme Karen. Elle est logique. Et elle m’a plue.

Si je devais résumer « la première fois que j’ai été deux », je dirais que c’est une belle histoire d’amour avec une vraie réflexion sur la vie, sur notre monde. Que c’est plus qu’une amourette de lycée. Et que c’était beau.

Une dernière chose avant de vous laisser tranquille, Bertrand Jullien-Nogarède, merci. Merci de m’avoir permis de le lire, merci pour la dédicace.
Et surtout merci merci d’avoir cité ce poème d’Auden. C’est l’un de mes préférés.

« He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong. »

Citations

« Tom resta un instant silencieux. Un de ces silences profonds mais pas gênant du tout. Un petit instant d’éternité. On était là, l’un en face de l’autre à laisser le temps s’écouler tranquillement. Comme si les choses allaient de soi entre nous, alors que nous étions de parfaits inconnus l’un pour l’autre quelques jours plus tôt. »
« Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu’à cet instant, un instant qui n’en finissait pas, un instant que j’aurais voulu prolonger éternellement. »
« L’homme est surtout doté d’une inépuisable capacité d’oubli. »
« De toute façon il y a toujours un risque à vivre sa vie. »
« Je hais l’adolescence parce que les féeries de l’enfance se sont effacées, remplacées par la cruauté du monde mais surtout parce qu’on tombe amoureux et qu’on ne s’en relève pas. »
« Je savais bien que la plupart des histoires d’amour sont condamnées d’avance, mais à quoi bon aimer s’il n’y a pas la plus petite chance de vaincre le temps ? »
« L’amour a des vertus aphrodisiaques qui nous rendent de toute façon assez crétins pour ne plus vous amuser de situations qui nous faisaient hurler de rire la veille. »
« La vie est ainsi faite qu’elle a peu à voir avec l’avenir et beaucoup avec le passé. »

Bises!
Lisa

 

2 réflexions au sujet de “La première fois que j’ai été deux”

  1. Ton avis est trop bien. Le livre m’attire depuis un moment et comme je te l’avais dit, j’attendais ton avis avec impatience. Je n’ai lu que des bons retours sur ce livre et il est vers le haut de ma liste

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